Atelier ALIZARINE
Christine LIOI
 restauration de tableaux

«  L’altération des œuvres du passé est vécue, selon les époques et les œuvres, comme une mutilation ou un enrichissement. Les bras de Venus ou la tête de la victoire de Samothrace ne nous manquent pas. Il y eut même des temps iconoclastes où l’on mutilait les statues tandis que maints tableaux pourrissaient dans les greniers.

Notre époque veut elle, conserver les œuvres dans l’état dans lequel elle les a trouvées? Technique aidant, l’on tend à passer ce principe à l’idée d’une restauration totale, rendant aux formes et aux couleurs leurs éclat de la création.

Ce principe a toujours donné lieu à polémiques, et ce fut le cas lorsque Malraux décida de rendre aux monuments et aux cathédrales la blancheur des pierres de leurs bâtisseurs. Ce qui paraît aujourd’hui évident ne le fut pas toujours, d’autres temps aimèrent la noirceur des pierres et refusaient que l’on relevât donjons, clochers et murailles.

La rénovation devenant, en certain cas, possible en peinture, on en vient à se demander si l’œuvre reste elle-même quand d’autres mains viennent restituer le geste original de l’artiste. Mais comme celui-ci se trouvait, le plus souvent, à la tête d’un atelier, les restaurateurs ne sont que les lointains disciples qui ne diffèrent en rien de ceux qui l’aidèrent de son vivant. »